Plantes dépolluantes : que dit la science ?

Les plantes vertes sont souvent présentées comme des alliées pour améliorer la qualité de l’air de nos logements. Mais avant de réaménager tout votre intérieur, découvrons ce qu’en disent réellement les expertises scientifiques.

Les plantes d’intérieur ont-elles vraiment des propriétés dépolluantes ? « Plusieurs études, réalisées en laboratoire, ont permis de démontrer leur capacité à éliminer certaines substances de l’air », répond le docteur Pierre Souvet, président de l’Association santé environnement France (Asef).

Des résultats à relativiser

Ainsi, le programme Phytair, mené par l’Agence de la transition écologique (Ademe) en 2011, a étudié en environnement contrôlé l’impact de trois végétaux – le dragonnier, le pothos et la plante araignée – sur le monoxyde de carbone (CO) mais aussi sur le benzène et le formaldéhyde. Ces deux dernières substances, qui peuvent être présentes dans nos intérieurs, sont d’ailleurs classées comme cancérigènes. Résultat : « Les capacités d’épuration de l’air diffèrent d’une plante à une autre et selon les polluants (les concentrations […] diminuent entre 30 % et 90 %) », indique l’Agence.

Toutefois, « les tests réalisés en conditions réelles d’exposition ont été moins concluants », relativise Pierre Souvet. « Dans la vie courante, nous pouvons aérer la pièce et ce renouvellement d’air permet déjà de chasser les polluants, poursuit-il. Autrement dit, les capacités d’épuration des plantes sont inférieures à celles de l’aération et de la ventilation. »

Le rôle clé du substrat et des racines

Une autre étude, publiée dans le journal Chemosphere en 2018, s’est quant à elle intéressée aux composés organiques volatils (COV). Il s’agit d’un groupe de substances hétérogènes, qui peuvent avoir des effets cancérigènes ou toxiques pour la reproduction et le développement humain. Parmi elles, on retrouve le formaldéhyde. Les chercheurs ont justement montré que le palmier Chamaedorea elegans éliminait efficacement celui-ci de l’air pollué, à hauteur de 65 % à 100 % en fonction de la concentration de départ. « Mais là encore, l’efficacité n’est pas significative en condition réelle, lorsque la pièce est ventilée », prévient le docteur.

Cette publication a, par ailleurs, mis en avant l’importance du substrat dans ce processus. « Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les feuilles qui jouent le rôle principal dans la dépollution, mais bien la combinaison plante, terreau et racines, confirme le président de l’Asef. Les micro-organismes présents dans le substrat dégradent les polluants, tandis que les racines les absorbent. »

Bien choisir ses végétaux

Si les plantes peuvent contribuer à améliorer la qualité de l’air, elles ont également d’autres vertus. « Elles sont souvent appréciées pour leur capacité à embellir un espace et, en plus, elles participent à l’amélioration du stress et de l’anxiété », constate Pierre Souvet.

En revanche, elles ne sont pas sans dangers. « Certaines plantes dintérieur peuvent contenir des substances toxiques qui présentent des risques pour la santé des humains et des animaux domestiques par les voies respiratoires, le contact cutané ou l’ingestion », rappelle le docteur. Mieux vaut donc bien se renseigner auprès de sa jardinerie ou en consultant le site plantes-risque.info.

Les bons gestes pour un air sain

Pour réduire efficacement la pollution intérieure, la seule présence de plantes ne suffit donc pas. Il est particulièrement recommandé d’aérer, durant 5 à 10 minutes matin et soir, même en hiver, pour renouveler l’air. « Il faut aussi limiter les sources de pollution : ne pas fumer et éviter d’utiliser de l’encens, des bougies ou encore des produits ménagers parfumé, préconise Pierre Souvet. Il ne faut pas non plus oublier d’entretenir son système de chauffage, de laisser fonctionner la ventilation et de ne pas bloquer les orifices d’aération. » Autant de conseils faciles à suivre pour vivre dans un environnement plus sain.

Post Facebook :
Plantes dépolluantes : que dit la science ?
Depuis plusieurs années, les plantes vertes sont présentées comme des alliées pour améliorer la qualité de l’air de nos logements. Mais avant d’en installer un peu partout chez vous, on fait le point sur ce qu’en disent les expertises scientifiques avec le docteur Pierre Souvet, président de l’@associationsanteenvironnementfrance (Asef).
#PlantesDepolluantes #AirInterieur #PollutionInterieure

Print ou web ?
Faites-nous savoir sur quel support vous diffusez nos articles. Une minute suffit.

J’y vais !


Les visuels (photos, infographies, etc.) fournis par la Ciem doivent être utilisés uniquement pour illustrer les articles de France Mutualité.
Il est strictement interdit d’utiliser l’un des visuels dans un autre cadre.