Une personne de plus de 65 ans sur trois vit avec une audition affaiblie, sans toujours s’en rendre compte. Cette baisse progressive, nommée presbyacousie, touche les deux oreilles à la fois et s’attaque en priorité aux sons aigus. Plusieurs facteurs peuvent l’accélérer, comme l’hérédité, le bruit, certains médicaments ou maladies.
La baisse de l’audition nous concerne tous à mesure que les années passent. Elle s’installe sans bruit, justement, et c’est bien le problème. On monte le son de la télévision d’un cran, on demande de répéter une phrase au restaurant… Ces petits ajustements cachent souvent la presbyacousie, cette perte d’audition liée au vieillissement. Mais il ne faut pas la considérer comme une fatalité du grand âge. Aujourd’hui, elle se dépiste facilement et se traite bien, à condition de ne pas trop tarder à consulter.
Les effets du vieillissement auditif
La presbyacousie touche en premier lieu aux sons aigus, par exemple les voix de femmes ou d’enfants, les sonneries ou le chant des oiseaux. Tout d’abord, la difficulté d’écoute se fait sentir dans un milieu bruyant, lorsqu’il y a plusieurs conversations en même temps. Elle s’étend ensuite progressivement à l’ensemble des fréquences et peut entraîner des acouphènes voire de l’hyperacousie.
On doit ce phénomène à l’usure progressive des cellules ciliées de l’oreille interne. Ce sont elles qui transforment les vibrations sonores en signal nerveux. Ce processus commence en réalité très tôt, dès la trentaine, et touche les deux oreilles. Mais ses effets ne deviennent perceptibles que des décennies plus tard, souvent à partir de la cinquantaine. Un tiers des plus de 65 ans est concerné, une personne sur deux après 70 ans, et jusqu’à 90 % après 85 ans.
Un lien entre la surdité et d’autres maladies
Si l’âge reste le facteur principal, on sait maintenant que plusieurs éléments peuvent accélérer ou aggraver cette perte auditive. D’abord, l’exposition prolongée au bruit, que ce soit à cause de sa profession ou de loisirs sonores intenses, use prématurément les cellules ciliées déjà fragilisées par l’âge. Ensuite, certains médicaments dits ototoxiques, notamment certains antibiotiques ou l’aspirine à forte dose, sont susceptibles d’endommager l’audition de façon parfois irréversible, tout comme certaines maladies telles que les otites chroniques ou la maladie de Ménière. Enfin, l’hérédité joue aussi. Certains gènes ont été identifiés comme pouvant accélérer la perte auditive.
Issue de causes multiples, la presbyacousie n’est pas sans conséquence puisqu’elle est associée à un risque accru de déclin cognitif. Les personnes malentendantes non appareillées présentent un risque de démence supérieur de 22 %, selon une étude de l’Inserm menée par la neuropsychologue Hélène Amieva. En effet, la difficulté à entendre pousse à se replier sur soi, à moins participer aux conversations, à s’isoler socialement, ce qui pourrait priver le cerveau de stimulations essentielles à son bon fonctionnement. Heureusement, porter un appareillage peut suffire à inverser la tendance. Ainsi, dans cette même étude, les personnes âgées équipées d’aides auditives affichaient un déclin cognitif comparable à celui des personnes normo-entendantes.
Un parcours de soins sans reste à charge
En cas de difficulté à entendre ou de doute sur son audition, il ne faut pas attendre pour consulter son médecin traitant, qui orientera vers un ORL. Après un audiogramme, il établira si besoin une prescription d’appareillage. L’audioprothésiste propose ensuite un essai gratuit d’au moins 30 jours avant tout achat. Depuis la réforme du « 100 % santé » de 2021, les appareils de classe I peuvent être intégralement pris en charge par l’Assurance maladie et les complémentaires santé responsables, dans les conditions prévues par le dispositif.
Post Facebook :
Vous entendez moins bien qu’avant ? La presbyacousie, une perte progressive de l’audition liée au vieillissement, touche d’abord les sons aigus et passe souvent inaperçue. Télévision plus forte, besoin de faire répéter, difficultés à suivre une conversation au restaurant… Autant de signes à ne pas négliger. Pourtant, cette baisse auditive se dépiste et se traite bien. Alors, pourquoi attendre pour en parler à son médecin ?
#Audition #Presbyacousie #Prévention #BienVieillir #SantéAuditive


Astuce
Un évènement, un produit, une offre… pensez à compléter les articles avec des actualités de votre mutuelle.