La mauvaise haleine, ce n’est pas une fatalité

Source de gêne, de complexe, voire totalement taboue, la mauvaise haleine reste assez fréquente. Elle a, le plus souvent, une origine buccale et, dans la majorité des cas, des solutions simples existent pour y remédier. Éclairage.

La mauvaise haleine, appelée halitose, se caractérise par une odeur désagréable expulsée par la bouche. « Dans 80 à 90 % des cas, elle est due à la cavité buccale, et non à l’estomac ou au foie », indique Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole de l’Union française pour la santé bucco-dentaire* (UFSBD). « L’halitose physiologique est banale et transitoire, rassure le spécialiste. Elle survient notamment lors d’un effort physique ou au réveil. La nuit, la bouche s’assèche et certaines bactéries prolifèrent. Ce sont elles qui provoquent cette odeur. » Dans ce cas, un petit-déjeuner ou un verre d’eau suffisent pour que tout rentre dans l’ordre.

Quand elle devient pathologique

En revanche, si l’halitose persiste, c’est qu’elle est pathologique, et elle mérite donc une attention particulière. Son origine est le plus souvent liée à une hygiène bucco-dentaire insuffisante. « La plaque dentaire — un mélange de débris alimentaires et de bactéries — et le tartre constituent un terrain idéal pour la production de composés sulfurés volatils, responsables des mauvaises odeurs buccales », détaille le docteur Lequart. Caries, gingivites ou parodontites sont aussi en cause. « Lorsque la gencive est rouge, gonflée et saigne, la dégradation des protéines contenues dans le sang favorise la mauvaise haleine », développe-t-il. Autre coupable fréquent : un enduit blanchâtre sur la langue, composé de bactéries, de cellules mortes et de résidus alimentaires.

Chez les personnes âgées, la situation peut être aggravée par une baisse de la salivation, à cause de certains médicaments (antidépresseurs, antihypertenseurs antihistaminiques, etc.) ou de difficultés de brossage.

Alimentation, tabac, alcool… des facteurs aggravants

Les régimes alimentaires riches en protéines peuvent aussi provoquer une mauvaise haleine, en raison de leur décomposition dans l’organisme. Certains aliments, tels que l’ail, l’oignon ou le poireau, y contribuent également en libérant des composés soufrés dans l’air expiré. On parle alors d’halitose par voie hématogène. Enfin, le tabac et l’alcool accentuent le problème, car ils assèchent les muqueuses buccales.

Des solutions simples et efficaces

Une hygiène rigoureuse permet d’éviter la mauvaise haleine. Le spécialiste recommande un brossage des dents, deux fois par jour pendant deux minutes. En amont, le nettoyage interdentaire, avec un fil, une brossette ou un hydropulseur, est aussi essentiel. Toutefois, brosser sa langue n’est utile qu’en cas de dépôt blanchâtre, à l’aide d’un gratte-langue adapté, de l’arrière vers l’avant. Les bains de bouche peuvent compléter ces gestes, à condition qu’ils soient sans alcool et spécifiquement prévus contre la mauvaise haleine.

Consulter pour traiter

Face à une halitose qui persiste, il demeure important de consulter un chirurgien-dentiste. Même si nous n’avons pas toujours conscience de notre odeur, notre entourage peut nous alerter. « Souffler dans ses mains peut être un moyen de s’en rendre compte facilement », conseille Christophe Lequart. Les professionnels, eux, disposent d’appareils plus fiables, comme l’halitomètre, qui mesure les composés soufrés dans le souffle. Un examen complet permettra de connaître la cause et donc de trouver un traitement adapté. D’autant que la mauvaise haleine peut parfois être un symptôme de maladies. « Certaines pathologies donnent des odeurs très spécifiques, comme une senteur de pomme verte chez les diabétiques », note-t-il.

Parfois, des personnes pensent, à tort, avoir une mauvaise haleine. On appelle cela l’halitophobie.

*Retrouvez plus d’informations sur la santé bucco-dentaire sur le site mabouchemasante.fr

Post Facebook :
La mauvaise haleine a, le plus souvent, une origine buccale et, dans la majorité des cas, des solutions simples existent pour y remédier. Éclairage avec Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole @ufsbd.asso (Union française pour la santé bucco-dentaire).
#MauvaiseHaleine #Halitose #SantéBuccoDentaire #HygièneBuccoDentaire


Les visuels (photos, infographies, etc.) fournis par la Ciem doivent être utilisés uniquement pour illustrer les articles de France Mutualité.
Il est strictement interdit d’utiliser l’un des visuels dans un autre cadre.