Comment faire face à la baisse de la natalité ?

Prévention, amélioration des diagnostics et de la prise en charge, recherche… le nouveau plan national contre l’infertilité propose en 16 mesures d’accompagner les Français dans leur projet de parentalité. Focus.

En 2025, l’indice de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme selon l’Insee, son niveau le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Et 3,3 millions* de Français seraient concernés par des difficultés de conception. Face à ces chiffres, le gouvernement a présenté en février 2026 un plan national de lutte contre l’infertilité. « Nous l’attendions depuis longtemps », se réjouit Virginie Rio, cofondatrice du collectif Bamp (association de patients de l’assistance médicale à la procréation).

Une campagne d’information nationale

Le premier axe vise une meilleure prévention. Une campagne d’information est prévue, ainsi qu’un renforcement de l’éducation en milieu scolaire. En parallèle, le portail www.sante.fr/ma-fertilite diffuse des repères fiables et chaque Français de 29 ans recevra un courrier sur la santé reproductive, à cet âge clé. 

À cette annonce, des voix se sont élevées, craignant une pression gouvernementale à faire des enfants. « Mais il est important de sensibiliser à grande échelle sur les questions de fertilité », défend Virginie Rio, qui salue cette volonté de prévention. Cette dernière portera en outre sur les risques environnementaux et comportementaux.

Diagnostics et prise en charge

Au-delà de ce volet d’information, le gouvernement souhaite améliorer les diagnostics. Les plateformes Prevenir (pour PRÉVention ENvIronnent Reproduction), actuellement au nombre de huit en France, devraient être généralisées. Ce dispositif est dédié aux personnes souffrant de troubles de la fertilité liés à une exposition toxique. L’amélioration du diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques et de l’endométriose figure aussi dans la feuille de route. Selon Virginie Rio : « Aujourd’hui, entre 10 et 25 % des couples pris en charge souffrent d’une infertilité dite inexpliquée. Des embryons sont parfois transférés alors que leur potentiel d’implantation est très faible, ce qui expose les patients à des échecs répétés. »

Le troisième axe du plan concerne la prise en charge. Actuellement, 40 centres permettent en France l’autoconservation des ovocytes : 30 lieux supplémentaires seront ainsi autorisés à proposer ce service. Un système national de gestion des dons de gamètes et d’embryons est également prévu. Le plan prévoit, en outre, une amélioration de l’organisation des parcours au sein de chaque centre.

Intensifier la recherche

Dernier axe : les avancées scientifiques. À l’aide d’appels à projets portant spécifiquement sur le sujet, le gouvernement vise à « faire de la France un leader dans la recherche et l’innovation sur la fertilité ». Il veut aussi renforcer le suivi épidémiologique.
L’objectif est de produire des données plus précises pour mieux identifier les facteurs impactant la santé reproductive. Et de permettre à chacun de vivre plus sereinement son projet de parentalité.

* Rapport remis au gouvernement en février 2022 par le Pr Samir Hamamah et Salomé Berlioux.

Les limites biologiques liées à l’âge
En France, les mères sont âgées en moyenne de 29 ans à la naissance de leur premier enfant (données 2023 de l’Insee). La quantité et la qualité des ovocytes diminuent progressivement dès 30 ans environ, celles des spermatozoïdes à partir de 40 ans. L’autoconservation des gamètes sans motif médical est possible, entre 29 et 37 ans pour les femmes et entre 29 et 45 ans pour les hommes. 

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Face à la baisse de la natalité, le gouvernement lance un plan national contre l’infertilité. Objectif : mieux prévenir, diagnostiquer et accompagner les projets de parentalité. Campagnes d’info, diagnostics plus rapides, nouveaux centres d’autoconservation des ovocytes et soutien à la recherche sont au cœur des mesures. Un enjeu majeur pour les 3,3 millions de Français concernés.
@Gouvernement #Fertilité #Parentalité #Infertilité


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