Bronchiolite : les seniors aussi sont concernés

On associe presque toujours le virus respiratoire syncytial (VRS) à la bronchiolite du nourrisson. Pourtant, ce même virus touche aussi les adultes, et notamment les personnes âgées, chez qui il peut provoquer des pneumonies et des surinfections bactériennes. Si trois vaccins existent aujourd’hui pour s’en protéger, ils sont trop peu utilisés.

Chaque hiver, le virus respiratoire syncytial, responsable des bronchiolites, peut faire peur aux parents de nourrissons. Il entraîne en effet des épidémies d’infections respiratoires aux conséquences parfois graves chez les très jeunes enfants de moins de deux mois. Mais si l’on en parle moins, ce même virus circule aussi chez les seniors et se montre tout aussi dangereux, particulièrement chez les personnes avec des comorbidités.

Le VRS se transmet très facilement, par la toux, les éternuements ou le simple contact des mains. C’est pourquoi les chiffres sont impressionnants : en France, le virus entraîne chaque année entre 20 000 et 25 000 hospitalisations chez les plus de 65 ans. Chez les seniors, le système immunitaire, moins réactif avec l’âge, laisse le virus s’installer plus profondément dans les poumons. Il peut alors déclencher une pneumonie, parfois compliquée d’une surinfection bactérienne, ou aggraver une maladie cardiaque ou respiratoire déjà fragile, comme une bronchopneumopathie chronique obstructive ou une insuffisance cardiaque.

Le VRS, plus violent que la grippe ?

Si ce virus reste autant sous-diagnostiqué chez les seniors, c’est notamment parce que les symptômes ressemblent à ceux d’un simple rhume ou d’une grippe. Pourtant, ses conséquences peuvent être plus graves. Une étude française menée à l’hôpital Henri Mondor, publiée fin 2024, a justement comparé, sur sept saisons épidémiques, des cas de patients de plus de 75 ans admis aux urgences pour un VRS ou pour une grippe. 

Si les symptômes étaient les mêmes en apparence, le VRS s’est révélé plus sévère sur presque tous les critères. Ces patients-là ont développé deux fois plus une pneumonie (28,8 % contre 17,2 % pour la grippe), ont été hospitalisés plus fréquemment (83,2 % contre 70 %) et admis plus souvent en soins intensifs (7,2 % contre 3 %). Leur séjour à l’hôpital a aussi duré presque deux fois plus longtemps. Seul point commun entre les deux virus : la mortalité à 30 jours, quasiment identique dans les deux groupes, autour de 9,6 %.

Un vaccin pour les seniors

Face à ces constats, la Haute Autorité de santé recommande depuis 2024 de vacciner chaque année, à l’automne, toutes les personnes de 75 ans et plus, ainsi que celles de 65 ans et plus souffrant d’une maladie respiratoire chronique comme la BPCO ou d’une maladie cardiaque comme l’insuffisance. Plusieurs vaccins permettent aujourd’hui de répondre à cette recommandation : d’abord Arexvy et Abrysvo, disponibles depuis 2023 en pharmacie de ville. Le pharmacien est habilité à les prescrire et les injecter. Une seule injection suffit et peut s’effectuer en même temps que le vaccin contre la grippe. Plus récemment mRESVIA est venu compléter cette offre, un vaccin pour l’instant réservé aux hôpitaux et aux Ehpad disposant d’une pharmacie interne.

Mais la couverture vaccinale contre le VRS chez les 65 ans reste inférieure à 5 % selon l’Académie de médecine. Outre le fait que les VRS soient beaucoup moins connus que la grippe, le prix aussi reste un obstacle de taille. Arexvy n’étant pas remboursé, son tarif varie d’une officine à l’autre, autour de 180 à 200 euros. Abrysvo, lui, a un statut particulier : il est remboursé à 30 % chez la femme enceinte pour protéger le nouveau-né, mais pas chez le senior, qui doit régler l’intégralité des 196,10 €.

Post Facebook
On le connaît pour la bronchiolite des bébés, mais le VRS touche aussi gravement les plus de 65 ans. En France, il cause chaque année jusqu'à 25 000 hospitalisations chez les seniors, entraînant pneumonies et complications cardiaques. Plus sévère que la grippe selon de récentes études, il dispose pourtant de vaccins efficaces, recommandés dès 75 ans (et dès 65 ans en cas de maladie chronique). Problème : faute de remboursement, le vaccin reste trop peu accessible et la couverture inférieure à 5 %.

#SantéSeniors #VRS #Vaccination #Prévention #SantéPublique #Grippe


Les visuels (photos, infographies, etc.) fournis par la Ciem doivent être utilisés uniquement pour illustrer les articles de France Mutualité.
Il est strictement interdit d’utiliser l’un des visuels dans un autre cadre.