Transition écologique du système de santé : une mission incontournable ?

Les activités de santé sont responsables d’une quantité non négligeable d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Comment les réduire et quelles sont les recommandations pour rendre plus vertueux ce secteur énergivore ?

En France, le secteur de la santé emploie 9 % de la population active mais il est responsable, selon le rapport 2023 du think tank The Shift Project, de plus de 8 % de notre empreinte carbone soit 49 millions de tonnes de dioxyde de carbone. Les produits de santé sont en grande partie responsables de ce bilan négatif, les achats de médicaments y contribuant à hauteur de 29 % et ceux des dispositifs médicaux de 21 %. Les autres postes avec un impact négatif sur l’environnement sont notamment l’alimentation (11 %), les sources fixes et les mobiles de combustion (9 %) ou encore les transports des usagers et des visiteurs (9 %).

Établissements hospitaliers, médecine de ville, administration et complémentaires santé, établissements et services pour enfants et adultes handicapés ou pour personnes âgées : toutes les entités du secteur de la santé sont concernées, même si nombre d’entre elles se sont engagées ces dernières années à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de polluants. Mais face à la hausse des températures et à l’impact sur les écosystèmes et la santé, il est impératif d’accélérer leur transformation écologique. Ils doivent participer à la baisse des émissions de ces gaz de 5 % par an jusqu’en 2050, afin de respecter l’engagement de la France de rester sous la barre des 1,5 °C supplémentaires.

Objectifs de décarbonation

Dans la convention « Planification écologique pour le système de santé », signée en décembre 2023, le ministère de la Santé propose plusieurs mesures pour assurer la mutation écologique du secteur. Parmi elles, l’accentuation de la transformation énergétique des établissements de santé et médico-sociaux d’ici 2040. Elle passera par la rénovation des bâtiments anciens, l’encadrement des constructions neuves au regard des nouvelles normes environnementales et la limitation de l’artificialisation des sols. La convention propose aussi d’accélérer la transition écologique des industries et des produits de santé, de favoriser les achats hospitaliers durables et d’encourager la réduction des déchets et leur valorisation d’ici 2030.

L’informatique interne représente plus de 5 % du bilan carbone d’un CHU moyen. La convention conseille également de promouvoir l’achat d’équipements et de matériels numériques issus de l’économie circulaire et de dispositifs écoconçus, de lutter contre l’obsolescence ou la consommation énergétique des data centers et de certains matériels médicaux.

Enfin, la convention remarque que seul un tiers des structures du secteur ont nommé un ou plusieurs professionnels comme référent concernant la transformation écologique. La feuille de route suggère de renforcer le pilotage des différentes actions et la transversalité pour assurer une efficacité et un suivi de la transformation de ce domaine.

Si elles sont appliquées, ces mesures devraient permettre de réduire significativement l’empreinte du système de santé en 2050 mais ne seront pas suffisantes. Les différents experts du domaine insistent en effet sur le fait que ce secteur devra se transformer dans sa globalité grâce à la prévention et à la promotion du juste soin pour devenir plus sobre, circulaire et moins dépendant des énergies fossiles.

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Le secteur de la santé représente 9 % de l’emploi en France mais génère plus de 8 % de notre empreinte carbone. Médicaments, dispositifs médicaux, énergie et transports sont les principaux responsables. La convention « Planification écologique pour le système de santé » vise la rénovation des bâtiments, les achats durables, la réduction des déchets et les équipements écoconçus. Mais prévention et juste soin restent essentiels pour un système plus sobre et circulaire.
#Écologie #EmpreinteCarbone #TransitionÉnergétique #DéveloppementDurable


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