Mal connue, la thyroïde est l’objet de nombreuses fausses croyances. Pourtant, cette glande, située au niveau du cou, produit des hormones indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Le point avec le docteur Marc Klein, endocrinologue à Nancy et membre de la Société française d’endocrinologie (SFE).
Les problèmes de thyroïde ne concernent que les femmes.
« Les hommes peuvent avoir des troubles de la thyroïde, mais il existe tout de même une nette prépondérance féminine, constate le docteur Marc Klein. La maladie de Basedow – une pathologie auto-immune qui induit une surproduction d’hormones thyroïdiennes – touche à 80 % des femmes. » Ces différences entre les sexes sont liées à des facteurs codés par des gènes présents sur les chromosomes X et Y et aux hormones sexuelles. « De plus, les œstrogènes augmentent la production de la protéine de transport des hormones thyroïdiennes et l’hormone de grossesse stimule la thyroïde, explique le spécialiste. A contrario, la ménopause, période de carence oestrogénique, est source de désordres thyroïdiens. »
Les maladies de la thyroïde sont toujours héréditaires.
« Elles peuvent avoir une composante héréditaire, cependant il peut être difficile de faire la part des choses avec le facteur environnemental, estime Marc Klein. Plusieurs membres d’une famille peuvent par exemple être concernés par la même maladie, simplement parce qu’ils vivent dans le même environnement. » Par ailleurs, il ne faut pas confondre hérédité et génétique : « Ce qui est héréditaire est toujours génétique, ajoute-t-il. En revanche, une maladie peut être génétique sans forcément être héréditaire. »
L’hypothyroïdie est plus grave que l’hyperthyroïdie.
« Ces deux troubles présentent des risques, indique l’endocrinologue. Toutefois, l’hyperthyroïdie, qui se caractérise par un excès d’hormones thyroïdiennes, peut engendrer plus de dégâts que l’hypothyroïdie qui, elle, se définit par un déficit en hormones. L’hyperthyroïdie est susceptible de provoquer des complications cardiaques, notamment une arythmie qui peut être à l’origine d’un accident vasculaire cérébral (AVC). De plus, elle est souvent plus difficile à équilibrer et à traiter. »
Les nodules thyroïdiens doivent être systématiquement opérés.
« Loin de là, rassure Marc Klein. Une femme ménopausée sur deux a des nodules [des grosseurs localisées dans la glande thyroïde, NDLR] et heureusement, ils sont dans leur grande majorité bénins. On estime que 5 % d’entre eux seulement sont potentiellement malins. » La décision d’opérer se fonde sur des critères cliniques et échographiques, le tout complété par une cytoponction (le prélèvement de quelques cellules à l’aide d’une aiguille très fine). Dans les cas les plus graves, comme celui d’un cancer, la totalité de la glande peut être retirée. Un traitement hormonal substitutif est alors prescrit.
Le sel iodé suffit à prévenir tous les troubles thyroïdiens.
La France a fait le choix de rajouter de l’iode au sel de table pour éviter les carences, ces dernières pouvant aller jusqu’à provoquer le « crétinisme » : un ensemble de troubles moteurs, du développement intellectuel et un goitre, c’est-à-dire une augmentation visible du volume de la thyroïde. « L’enrichissement en iode du sel évite ces conséquences, mais ne permet pas d’empêcher la survenue de maladies thyroïdiennes, prévient le docteur Klein. Il ne faut toutefois pas trop en ingérer, car l’excès de sel est aussi délétère pour la santé. D’autres pays ont ainsi choisi d’ioder le pain ou le lait par exemple. Par ailleurs, les produits de la mer sont une excellente source naturelle d’iode. »
Prendre des hormones thyroïdiennes est efficace pour perdre du poids.
« Cela peut être très dangereux, alerte le spécialiste. Les hormones thyroïdiennes ne doivent être prises que sur prescription médicale et non via des coupe-faim ou des pilules minceurs achetés sur Internet. Le risque d’effets secondaires est important, notamment au niveau cardiocirculatoire. » Mieux vaut donc passer son chemin.
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Six idées reçues sur la thyroïde
Mal connue, la thyroïde est l’objet de nombreuses fausses croyances. Pourtant, cette glande, située au niveau du cou, produit des hormones indispensables au bon fonctionnement de l’organisme.
Le point avec le docteur Marc Klein, endocrinologue à Nancy et membre de la Société française d’endocrinologie (SFE).
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