L’indice de masse corporelle (IMC) est un outil de référence pour évaluer le poids par rapport à la taille. Simple à calculer, il classe les individus en différentes catégories mais est aujourd’hui remis en question. Peut-on se fier à l’IMC ? Existe-t-il des outils plus pertinents ? Décryptage avec le docteur Pierre Nys, endocrinologue-nutritionniste.
L’IMC est un bon indicateur de santé
VRAI. « L’indice de masse corporelle a un intérêt. Il permet de définir l’obésité avec un index supérieur à 30 », rappelle le docteur Pierre Nys*. Dans cette obésité, il y a trois classes et celles-ci définissent le risque de santé. Entre 30 et 34,9, le risque est modéré, de 35 à 40, il existe un risque sévère sur le plan de la santé et de la mortalité et, au-delà de 40, le risque est très élevé. « Il ne faut pas oublier non plus que l’IMC permet d’identifier la maigreur. En dessous de 18, vous êtes en situation de maigreur avec un risque important de maladies sur le plan cardiovasculaire, osseux et aussi gynécologique chez les femmes », informe le médecin.
Avec un IMC normal, je n’ai pas de risque de maladie cardiovasculaire
FAUX. L’IMC ne tient pas compte de la répartition des graisses. « Or, c’est la graisse abdominale qui est la plus dangereuse sur le plan cardiovasculaire », explique le docteur Nys. Une personne peut avoir un poids normal mais présenter un tour de taille élevé, supérieur à 88 cm chez la femme et 102 cm chez l’homme, ce qui entraîne un risque métabolique important. L’IMC ne permet donc pas de mesurer l’état métabolique réel et ne doit pas être interprété seul comme un indicateur de bonne santé. Même avec un chiffre normal, certaines personnes peuvent être à risque si leur graisse se concentre dans la zone abdominale.
L’IMC est fiable pour tout le monde
FAUX. « L’IMC n’est pas adapté à tous », souligne Pierre Nys. Il ne distingue pas la masse grasse de la masse musculaire, ce qui peut donner un IMC élevé chez des sportifs sans excès de graisse. Il ne prend pas non plus en compte l’âge, le sexe ni l’origine ethnique, ce qui limite sa pertinence pour certaines populations. Par ailleurs, deux personnes avec le même IMC peuvent avoir des profils métaboliques très différents. C’est pourquoi l’IMC doit toujours être complété par d’autres mesures pour évaluer réellement les risques de santé.
L’IMC seul reste utile
VRAI. « Pris seul, l’IMC est limité, mais il permet un premier tri rapide, car il est très facile à calculer », explique le docteur Nys. Il reste utile pour identifier rapidement les personnes en situation d’obésité ou de maigreur et pour suivre leur évolution dans le temps. Il offre également une référence simple pour les professionnels de santé et peut déclencher des investigations complémentaires lorsque le chiffre est anormal. Même si ce n’est pas un indicateur exhaustif, il joue un rôle pratique dans la prévention et le dépistage à grande échelle.
Il existe des indicateurs plus précis que l’IMC
VRAI. « L’IMC peut être complété par la mesure du tour de taille, qui permet d’estimer le risque métabolique, ainsi que par le calcul du rapport taille/hanche. Ce rapport est considéré comme normal lorsqu’il est inférieur à 0,85 chez la femme et à 0,90 chez l’homme. Au-delà, la personne présente un risque métabolique accru », explique le Dr Pierre Nys. « Une prise de sang, incluant les marqueurs biologiques comme les triglycérides ou la glycémie, et éventuellement le calcul de l’index HOMA, qui mesure le rapport insuline/glucose, peut être utile, notamment pour les personnes ayant un IMC compris entre 25 et 30, afin d’évaluer plus précisément leur risque », précise-t-il. Ces indices viennent compléter la mesure de l’IMC. Les balances à impédance, qui calculent automatiquement la masse grasse et la masse maigre, peuvent également apporter des informations précieuses. Aujourd’hui, les professionnels privilégient une approche globale plutôt qu’un chiffre unique, combinant IMC, répartition des graisses, âge, sexe et marqueurs biologiques, pour évaluer de manière plus fiable la santé d’une personne.
Comment calculer l’IMC ?
L’indice de masse corporelle (IMC) se calcule à partir de deux données simples : le poids et la taille. La formule est la suivante : IMC = poids (en kilogrammes) divisé par la taille (en mètres) au carré. Selon les repères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un IMC inférieur à 18,5 correspond à une insuffisance pondérale. Entre 18,5 et 24,9, la corpulence est considérée comme « normale ». Entre 25 et 29,9, on parle de surpoids, et au-delà de 30, d’obésité, avec différents degrés.
* Et si c’était le pancréas ? Digestion, glucose, métabolisme… Un rôle essentiel pour notre santé, Dr Pierre Nys, éditions Leduc, février 2026.
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L’IMC est-il vraiment un bon indicateur de santé ? Utile pour un premier repère, il ne dit pourtant pas tout sur les risques cardiovasculaires ou métaboliques. Tour de taille, répartition des graisses et bilans biologiques complètent l’évaluation. Découvrez ce vrai/faux pour mieux comprendre ce que votre IMC révèle… et ce qu’il ne dit pas.
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